Kubuntu 21.10 Impish Indri – La belle Dame avec qui faire les 400 coups

Fedora, cette belle mais capricieuse demoiselle, m’aura fait passer de bons moments. Mais comme cette amie avec laquelle ça peut aller plus loin, le retour à la réalité est parfois un peu douloureux. Au final, chasse le naturel, et il revient au galop. Dorénavant, c’est Dame Kubuntu qui accompagne mes nuits de geekerie. Tour d’horizon de cet OS.

Certains y verront sur ce changement de distro un Syndrôme d’Actualia (et au fait, merci pour la pub régulière Monsieur le distro-hopper 🙂 ). Il est vrai que j’ai des exigences de psychopathe pour mon outil de travail essentiel qu’est le système d’exploitation de ma machine principale.
Qu’on soit clair cependant, je ne déteste absolument pas Fedora. C’est vraiment une très bonne distro si elle te permet de faire tes tâches informatiques de tout les jours. Elle est fiable, robuste, sympa à utiliser. Mais selon moi, elle souffre d’un cruel manque d’intérêt de développeur que j’appellerai « desktop », ceux qui nous facilitent la vie avec quelques outils et tweaks ça et là pour nos PC persos.
Mais cette idylle étant maintenant terminée, intéressons nous maintenant à la grande Dame qui m’a fait tourner la tête.

Ce « test » (si l’on peut appeler ça ainsi), ne sera pas objectif du tout. Ce sera plutôt un ressenti face à mes attentes. Les qualités et défauts que je pointe n’en sont pas pour d’autres, et ça se comprend totalement.

1 – Mes attentes

Voici en gros ce que je demande à un système Linux :

  • Support correct de Wayland. En effet sur Xorg, c’est des couleurs délavées, et mes écrans fonctionnant en 120Hz alors qu’ils peuvent monter à 144Hz.
  • Facilité de monter un GPU Passthrough. En attendant que les devs se bougent pour activer les anti cheat sur proton (coucou EAC), et que les fonctions online soient gérées sur Flight Simulator, y’a pas le choix.
  • Que le look soit modifiable, et qu’on puisse activer quelques effets graphiques. Faire dormir du hardware c’est pas trop mon délire
  • Les habituelles fiabilités, facilités graphiques (quand je suis en mode gros flemmard), l’intégration correcte de Plasma…

Et deux ou trois petits trucs genre l’installation et l’exécution pas compliquée de OpenRGB (si on peut éviter une compilation et un bien crado sudo make install…)

2 – Une soirée avec Kubuntu

C’est donc décidé, c’est ainsi, le rené, il va mettre une pétée à la monique , après 3h pour essayer de faire fonctionner OBS avec Fedora KDE Wayland, je décide de cramer 3 autres heures pour changer. Après avoir chargé l’iso dans Ventoy, on redémarre.

Le démarrage du live est d’un ennui mortel avec la carte graphique AMD que je dédie à Linux. Même pas un petit truc qui pète ou un bug d’affichage un peu fun. On arrive enfin sur l’écran de l’installateur. On peut noter ici des améliorations sur la connexion wifi et sur la gestion des disques et partitions qui arrive beaucoup plus vite que sur des versions précédentes. On passe à l’installation et au login/password et 5 minutes plus tard c’est prêt. Oui, avec un SSD NVME ça trace.

Au premier démarrage, on a l’agréable surprise de voir que tout est francisé. Hors modules et addons Plasma que je rajoute par la suite, il n’y a pas une trace de franglais. L’imprimante en réseau est détectée sans rien toucher, scanner inclus. Et pour peu qu’on ait coché la bonne case à l’installation, tout ce qui nécessite un pilote propriétaire qui est disponible est reconnu et installé sans souci. C’est vraiment impressionnant. A 6 mois de la prochaine version à support à long terme chez Ubuntu, on ne peut être que ravi de voir que les bases sont déjà bien solides.

Question look, la belle arrive avec un maquillage discret mais efficace. Le thème Plasma par défaut ne fait pas trop « flat » comme la mode qui court actuellement. Le thème d’icônes est simple et fonctionnel. Histoire de pinailler un coup, je trouve que c’est trop bleu pour les éléments sélectionnés et diverses barres. Quelques effets graphiques discrets sont activés par défaut. C’est propre et moderne.

J’ai pris une image du net parce que la flemme de refaire une VM juste pour un screenshot, mais tout est en français si tu parles la langue de Bernard Tapie

3 – L’épreuve du Feu

Avoir une belle tête et quelques atouts c’est bien, mais voyons voir maintenant ce que cette nouvelle version de Kubuntu a dans le sac. Changement d’ambiance, lumières rouges allumées, fini de rigoler. Si cette distro veut faire sienne ma machine, il va falloir chromer, et pas qu’un peu. Comme annoncé plus haut, le cahier des charges n’est pas simple, et de multiples écueils sont là pour réduire un effort énergique à néant.

Avec Wayland, le résultat est étonnement stable. Les précédentes versions de Plasma pouvaient complètement planter juste en changeant un panneau ou un widget de place, là tout tourne correctement et ronronne. Malgré tout, on voit que la peinture est encore fraîche chez Plasma avec des menus et infobulles qui apparaissent un peu où elles veulent avec le double écran. Visuellement un peu gênant, mais les menus fonctionnent. Le travail acharné de la team KDE pour rendre Plasma utilisable sur Wayland commence a porter ses fruits.

En ce qui concerne le GPU Passthrough, bonne nouvelle aussi. La méthode que j’utilise pour l’installer n’est pas cassée par des nouveautés ou autres trucs saugrenus. Il n’y a plus qu’a tout remettre en place et à rebooter à l’issue.
D’ailleurs, sur les quelques jeux que j’ai testé, les performances sont légèrement meilleures qu’avec Fedora. Je ne sais comment l’expliquer, mais il semble que Kubuntu « tire moins » sur le CPU que Fedora.

Cette cascade a été réalisée sans reboot sur un autre OS

Pour le show son et lumières question matos, OpenRGB a la bonté de fournir un deb directement installable. On ne fait pas plus simple. On télécharge, on clique, on installe, on règle, et ce linux n’a absolument pas à rougir face aux conf jacky tuning sur Windows.

On peut également tout changer question look, et comble du raffinement, la maison de Haute Couture Kvantum nous fait l’honneur d’être dans les dépôts. Les amateurs de fenêtres transparentes et thèmes plus élaborés vont adorer et surtout ne pas se prendre la tête.

Autre chose dans le rayon des bonnes surprises, le snap chromium fonctionne foutrement bien. Au premier lancement, il a récupéré les réglages que j’avais replaqué dans .config/chromium et les extensions que j’utilise passent sans problème. Il y a un léger temps pour le lancement (2-3s) a chaque session fraîche, mais si je ferme et réouvre ensuite, c’est instantané.

Quelques petits trucs sont cependant à noter côté « Peut mieux faire ». Pour avoir l’onglet de partage de dossiers et de fichiers, il faudra installer les paquets kdenetwork et kdenetwork-filesharing. Vu le poids, ça aurait pu être intégré d’office, surtout que ce paquet fait partie de la stack logicielle de Plasma.
Le support de Wayland est également perfectible. Bien que ce soit stable, quelques petits bugs graphiques viennent faire preuve qu’un peu de boulot est encore nécessaire pour avoir quelque chose de vraiment léché et qui fait bien fini.

Angry ISO builder be like : Agneugneu sé tro lour pou ma konexion tchétchénie télécom (taille du paquet kdenetwork-filesharing)

4 – Conclusion

Dans l’ensemble, cette Kubuntu vendanges tardives est un très bon cru. Le système est franchement solide et il a fallu que je joue avec latte dock a faire des trucs complètement fous pour crasher Wayland. La reconnaissance matérielle et l’installation des pilotes si nécessaire est exemplaire. Une case a cocher à l’installation du système, et ça marche. Pour ne rien enlever au plaisir, l’équipe de Kubuntu fournit un dépôt pour installer une version plus à jour de Plasma (5.22 de base), intéressant pour tout ce qu’est correctif Wayland ou amateur de nouvelles fonctions (le choix de la couleur d’accentuation est une super nouveauté de la 5.23 si on souhaite juste appliquer une autre couleur que le bleu sans rien changer d’autre.
Elle passe haut la main toutes les cases de mon cahier des charges de geek, tout en étant accessible, fun a utiliser et régler, et en se permettant l’outrecuidance d’être en général un peu plus performante que Fedora.
Il y a malgré tout quand même quelques petites sorties de routes, mais celles-ci ont la politesse de ne pas nuire à l’expérience générale. Seul un ayatollah du tout clean aura quelque chose à en redire.
Alors? On la garde cette belle Kubuntu? Oh que oui! Et comment! Je pourrais danser un Tango avec elle toute la journée. Le jury composé de mes multiples personnalités ne va pas sortir un 20/20, mais le tableau d’honneur est tout à fait désigné. A 6 mois de la prochaine LTS, se retrouver avec un condensé des nouvelles technologies Linux qui fonctionnent de concert et facilement, sans prise de tête est assez impressionnant. Ah putain, je vais attendre avril prochain comme un gamin attend son œuf de pâques.

Petit jeu amusant, montrez ce screenshot à un GNOMEux et regardez le se rouler par terre en pleurant

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