Linux : Bien choisir son système, édition 2021 (et plus)

Que tu sois déjà un geek curieux, ou un mortel parmi les mortels ayant entendu parler de ce machin par ton pote ou un membre de ta famille un peu geek, ce doux nom t’as donné envie d’en savoir plus. Ca tombe bien, ce petit article va t’aider à y voir clair face à la jungle des choix proposés.

Il existe de nombreuses vidéos et articles proposant également de faire un choix, mais la quasi exclusivité se basent sur une seule donnée, le niveau technique en Linux. Au lieu de faire une bête paraphrase de ces contenus, je propose une autre approche : Qu’est ce que tu veux faire avec ton PC et ton système?

Un des avantages à avoir un choix pléthorique gargantuesque (un peu moins de 300 choix encore actifs disponibles avec une recherche rapide sur les distributions -c’est comme ça qu’on appelle un système Linux dans le jargon- sur le site distrowatch, qui répertorie les distributions actives ou non), c’est qu’il va être difficile de pas trouver chaussure à son pied. Entre les projets généralistes, les choses un peu plus spécialisées (systèmes pour les routeurs, ou pour de l’embarqué genre automobile ou système de divertissement d’avion), et les trucs à 2 francs 6 sous où la personne a fait 0.1% du taf en changeant les icônes et le fond d’écran… bref cette offre de choix peut être déroutante au premier abord.

Rigole pas, ce qu’on appelle le distro-hopping, comme illustré ci-dessus, tout le monde y passe

Pour bien attaquer ce choix cornélien, comme dit plus haut, prenons plutôt l’idée suivante : Qu’est ce que je veux faire avec ma machine? Plusieurs cas de figure :

  • Je suis un mortel, j’utilise mon PC comme ma bagnole. Quand je met la clé ou que j’appuie sur le bouton, faut que ça démarre et que ça marche.
  • Je suis un mortel, mais j’aime bien découvrir comment ça fonctionne et je suis prêt à réparer mes conneries ou apprendre comment faire
  • Je suis un barbu. Je sais pas ce que je fous à lire cet article vu que j’ai déjà scripté l’install de secours de mon OS soigneusement sélectionné au cas où mon PC prendrait feu

On va plutôt s’intéresser ici aux deux premiers, vu que le 3e est de toute façon un indécrottable râleur qui t’indiquera que sa version custom de gentoo est la meilleure même pour un novice en informatique, ce même gus qui installe un serveur graphique juste pour utiliser 4 terminaux et des raccourcis clavier….

C’est maintenant à toi qu’on parle. Oui dans le fond, celui qui timidement se demande ce qu’il fait là. Ta machine c’est comme ta bagnole donc. Bah ça se voit. Tu roules en Renault et le vendeur de chez Darty a réussi a te refourguer un Packard-Poubelle pendant que ta chère s’occupait de payer la nouvelle machine à laver. Mais n’aies pas peur, viens ! Ta vénérable boîte à puces et son windows souffreteux rempli de trucs en version d’évaluation ainsi que ses 3 antivirus dont l’abonnement a expiré depuis 1 an, c’est fini !
Avec cette sélection, t’auras peut-être pas le pétrole et les femmes en petite tenue, mais au moins tu feras pas une dépression nerveuse devant les popups de fion à chaque fois que tu voudras chercher un truc sur le net.

  1. Ubuntu (et ses variantes officielles) – La plus connue et aussi dans l’ensemble la plus utilisable. L’interface GNOME fournie fait la chasse aux options dispensables et propose que l’essentiel. Les contrôles sont intuitifs, la documentation est présente en quantité énorme, et dans toutes les langues (sérieusement, j’en ai trouvé une fois en créole haïtien). Pour trouver de l’aide avec la communauté, ce sera également très facile vu que la plupart de ceux qui sont sur Linux actuellement y sont passé à un moment ou un autre.
  2. Linux Mint – C’est comme si le daron d’Ubuntu en avait eu marre de sa femme, s’était remarié et avait pondu un autre marmot. Ca s’appelle pas pareil, ça ressemble pas vraiment à l’original, mais malgré tout y’a beaucoup de similarité avec cette demi-sœur. De sa nouvelle maman, cette Ubuntu lourdement modifiée a récupéré une interface rappelant vaguement windows 7, et de nombreux petits ajouts qui facilitent la vie.
  3. Pop OS – Encore une de la famille Ubuntu. En même temps, la base est tellement bonne pour la geekerie de tout les jours que de nombreux projets plus ou moins utiles se sont créés en se basant dessus. Ici on a en plus des drivers graphiques préinstallés, quelques raffinements genre le chiffrement d’office ainsi qu’une optimisation poussée pour le jeu et le multimédia. Et ce n’est pas un projets de 2 gus qui abandonneront dans 6 mois, derrière c’est l’équipe de System76, qui vend des PC pré installés avec Linux.
  4. Fedora – Celle ci demandera peut être l’aide d’un geek pour l’installation et le paramétrage, vu que l’ergonomie de l’installeur a été faite par des gens qui ont des goûts douteux en design d’interface, mais une fois en place, c’est que du bonheur. Ca marche, la logithèque est mise à jour très régulièrement, c’est la petite sœur de Red Hat Enterprise Linux, distribution utilisée énormément dans le monde professionnel… Bref, dans l’objectif de commencer Linux pour taffer avec ensuite, c’est un très bon choix. Peut être moins familial, mais une valeur sûre malgré tout.
1re réaction du néophyte en Linux 30mn après l’installation du système

Passons maintenant à toi Bob le Bricoleur. T’en a marre des bidouilles registre de windows et les thèmes claqués de WindowBlinds et tu veux toi aussi la célébrité en rejoignant le groupe très select des informaticiens les plus râleurs de l’existence? T’es au bon endroit. T’as du temps devant toi? Parce que ces distributions demandent un peu d’effort personnel. Eh ouais, on fait pas pousser des défilement de lignes de commande à la Matrix sans donner un peu de soi!

  1. Manjaro – Petite sœur de Arch (j’y reviendrais), le projet de base était de transformer un joujou pour geek en truc utilisable par le commun des mortel, y compris ta grand-mère. Hélas, comme tout truc avec des ambitions pétées, le résultat escompté n’est pas là. Cependant, c’est un bon terrain de jeu pour commencer à doucement s’échauffer dans la geekerie Linuxienne. La Arch Junior se prête volontiers au bricolage, ça pète une fois par an sans qu’on sache trop pourquoi, les pro-Archlinux la détestent… bref, un très bon point d’entrée vers la jungle communautaire linuxienne dans ce qu’elle a de plus ouf.
  2. Opensuse – Déjà, rien que pour ses réglages possibles à l’installation. C’est simple, y’en a partout on dirait une chambre d’ado. On peut se faire un truc assez précis dans les réglages, la documentation est assez fournie, et le système Opensuse Build Service propose une tonne de logiciels non inclus dans les dépots par défaut pour convenir à beaucoup d’usages. Mais comme tout système avec des chiées de dépots externes, faut savoir ce qu’on fait.
  3. Arch Linux – Peut être la plus connue des distributions pour geek. Choix de ceux qui savent vraiment ce qu’ils veulent (on peut littéralement se faire un système aux petits oignons, émincés et fondus dans le jus de cuisson), de ceux qui aiment essuyer les plâtres (les nouvelles versions de logiciels arrivent très vite après leur sortie, et les bugs non corrigés sont fournis avec), ou de ceux qui ont besoin de se faire pousser un pénis virtuel (à défaut de lever celui de chair). Il faut avoir son petit niveau pour en exploiter la substantifique moelle, mais si tu sais lire et comprendre une documentation et qu’une installation entièrement à la main te fait pas peur, fonce. Deviens juste pas un gros lourd qui se sent plus pisser parce qu’il a réussi à lire une 100aine de lignes de documentation et les retaper au clavier.
  4. Endeavour, Garuda…et autres Arch à installeur – Arch pour les flemmards. Rien d’autre à ajouter.
  5. Debian – Le principe? Avoir le truc le plus stable possible en ajoutant pas ou peu de fonctionnalités et en corrigeant les bugs. En pratique? C’est vraiment sympa pour du serveur mais en utilisation classique on jongle avec du stable et de l’expérimental, c’est rustique avec quasi aucune automatisation, et parfois ça fait boum à force de faire n’importe quoi.
Sérieux, ne deviens pas comme ça

C’est donc tout pour ce 1er article. Si y’a quelque chose de plus condensé à retenir, il ne faut pas uniquement prendre en compte le niveau quand on commence sur Linux, mais aussi ce qu’on veut en faire. On peut facilement lâcher un gus qui saura chercher de l’aide ou se débrouiller à trouver la documentation directement dans les systèmes de la 2e partie. La frustration viendra surtout d’un carcan où l’on ne prend pas en compte les besoins et les envies. A l’inverse, on peut aussi avoir un ancien qui a bourlingué avec des gentoo ou autres trucs encore plus vénère revenir ensuite à des choses à la Ubuntu, clé en main, afin d’avoir la paix, sans pour autant que ça remette en cause son niveau.

3 throughts on "Linux : Bien choisir son système, édition 2021 (et plus)"

  1. Article intéressant, je me retrouve dans tes définitions de distribution.
    j’en ai essayé plein, et je reviens toujours à la même qui me plais énormément, sans être compliqué et avec de la personnalisation, moins prise de tête que Windows, bref Linux Mint je t’aime 🙂

    Merci.

    1. Assez dac sur ton analyse. Quand je conseil une distrib, je parle en général de Ubuntu LTS car c’est à mon sens le meilleur compromis entre stabilité et modernité. Le soucis avec du Linux Mint/Pop Os etc c’est la confusion que ça peut entraîner (t’as un soucis : regarde sur la doc de Ubuntu) donc je les conseillerais plutôt à ceux qui ont déjà un peu de bouteille ou qui sont accompagnés.

      Je conseil aussi au débutant de rester sur une distrib quelques mois/années (même si il y a des défauts) pour ne pas à avoir à constamment se concentrer sur des détails.

      PS : en revanche, le pourpre du fond du site et l’absence de marges, c’est agressif !

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